L'environnement professionnel des couples a changé
Depuis les années 80, le couple bi-actif - à l'extérieur de la cellule familiale - est une nouveauté historique.
Articulation vie privée et professionnelle, partage des responsabilités familiales, égalité des chances entre hommes et femmes... autant de variables structurantes dans la santé des couples modernes.
Antoine de Gabrielli, spécialiste du monde du travail, explore ce "New Deal" des couples dans "S'émanciper à deux - le couple, le travail et l'égalité".
La Grande Librairie en parle
A contre-courant
Drôle de question que se pose Antoine de Gabrielli dans ce livre, en un mot sauver le couple c’est sauver la société.
Le couple pensé comme cellule originaire, à la fois lieu choisi et lieu naturel d’épanouissement, est celui où s’exerce la première des solidarités. Le travail des femmes, en dehors du cercle familial, en devenant une nécessité économique, s’est peu à peu imposé dans le paysage économique pour devenir l’étalon de mesure de la réussite du modèle féminin postmoderne. Au rôle traditionnel de la mère de famille, s’ajoute ainsi celui d’acteur économique visible.
Avec un regard aiguisé par des années de travail sur les enjeux de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes, l’auteur nous livre, aux dédales de ces 220 pages très étayées, une analyse fine et documentée de ce qui se joue dans cette révolution du monde du travail. Premier constat, c’est toujours sur la femme que pèse la charge mentale et matérielle de tout le travail, peu valorisé, qu’il soit domestique autant qu’éducatif : même s’ils se veulent plus engagés que leurs pères, la nouvelle génération d’époux n’assure que 30% des tâches domestiques. Autre constat, la société consumériste exacerbe l’individualisme en incitant à la consommation renouvelée des biens et des services : ceux-ci remplacent la solidarité naturelle qui existait entre générations, entre voisins dans un temps révolu. Le vent de la croissance ébranle ainsi le couple dans sa capacité à offrir des lieux d’échanges et de services gratuits et réciproques.
Le fil rouge de ce livre, c’est aussi la question du sens : après le constat de la perte de sens du travail dans un monde où l’on assiste à un émiettement général des tâches, on perçoit aussi la blessure narcissique de l’homme qui se voit suppléé, parfois dépassé, dans sa fonction de pourvoyeur des moyens de subsistance de la famille.
Quelles transformations de notre société permettraient-elles de concilier l’irréversible montée des femmes dans le monde professionnel, d’accueillir les revendications légitimes de celles-ci à une juste reconnaissance de leurs charges et d’ouvrir un environnement favorable à l’épanouissement de la cellule conjugale ?
Alors, rêvons, les yeux ouverts, à la société que nous propose Antoine de Gabrielli : oui à son « SUPER », Service Universel Permanent, pour revaloriser la masse colossale de travail non rémunéré, qui donnerait à chacun sa place au sein de services sociaux obligatoires et qui prendrait en compte l’engagement associatif (un français sur quatre travaille dans une des 1,1 millions d’association non employeuse). Oui à la re-sacralisation du dimanche et aux 35 heures pour les femmes comme pour les hommes, aux 4/5ème payé 5/5…
Sans éviter de dénoncer les nœuds économiques qu'il faudra affronter pour penser une société plus égalitaire, c'est bien d'une volonté politique affirmée que doit sortir la solution à ce défi. Au sein du couple, comme dans les rouages de la société, l’engagement professionnel se pense à l’aune des autres challenges sociétaux.
A lire absolument!
Caroline Peuchot
Dans les medias
Galerie photos

Contact
France ou Italie
Disponible pour entretiens, conférences et collaborations sur rendez-vous.
Contact : agabgub@gmail.com
Réseaux sociaux